Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
reg-artsadeens.over-blog.com
Articles récents

« Adieu Monsieur Haffmann »

2 Mars 2022 , Rédigé par JG Publié dans #Ciné

« Adieu Monsieur Haffmann »


 

Vu « Adieu Monsieur Haffmann » le film de Fred Cavayé, adaptation de la pièce de théâtre de Jean-Philippe Daguerre, avec Daniel Auteuil, Gilles Lellouche et Sara Giraudeau. 1941, dans Paris occupé, un bijoutier juif ( joué par Daniel Auteuil, remarquable) envoie sa femme et ses enfants en province dans la zone libre avec le projet de les rejoindre vite et propose un marché à son employé ( Gilles Lellouche) : il lui cède son échoppe le temps de la guerre et, à la libération, il récupérera son bien. En attendant, il s’installe en cachette dans la cave et acceptera de travailler pour le « nouveau bijoutier » chez qui les officiers allemands deviennent des clients réguliers. C’est une étude assez finement vue sur la vie des français sous l’occupation qui m’a fait penser au très bon « Monsieur Batignolles » avec Gérard Jugnot, où l’on voit comment un « beauf », plus ou moins collabo devient un juste, protecteur d’enfants juifs. Dans ce film, c’est le trajet inverse qu’emprunte le personnage joué par Gilles Lellouche ( remarquable lui aussi) : courageux et juste au début, il va devenir insidieusement collabo et, in fine, un salaud. Sa femme, très bien jouée aussi par Sara Giraudeau, va en prendre conscience et aider le vieux bijoutier avant qu’il ne soit trop tard. C’est très bien fait et de cette belle honnêteté intellectuelle qui regarde cette période sans rien occulter de son obscurité et des comportements complexes et évolutifs de beaucoup de français. Qui étaient pétainistes à 99% en 40 et résistants à 99% en 44…on le sait.

Un film subtile, sensible, intéressant et fort bien interprété.


 

Lire la suite
Lire la suite

« Numéro deux »

28 Février 2022 , Rédigé par JG Publié dans #LIVRES

Lu « Numéro deux » de David Foenkinos, paru chez Gallimard. Une drôle d’histoire, celle d’un gamin de 10 ans vivant à Londres avec son père, accessoiriste, pendant la semaine, à Paris le week-end avec sa mère, journaliste, et qui se trouve embarqué dans les castings de sélection de l’enfant qui jouera le rôle d’Harry Potter au cinéma. Il franchit un à un les obstacles et commence à rêver. Mais il est battu d’extrême justesse en finale d’où le titre du livre : numéro deux….cet échec va le marquer profondément, durablement, au point de ne plus pouvoir supporter la vue ou l’évocation de la moindre référence au personnage d’Harry Potter, ses livres, ses films, ce qui en ces années-là, était pourtant particulièrement envahissant. Une invasion douloureuse donc. Ajoutez à cela que son père meurt d’un cancer foudroyant quasiment sous ses yeux et qu’il va vivre avec sa mère, heureusement très aimante, dont le compagnon se conduit très mal avec lui, et vous avez tout le décor affectif et psychologique du roman.

Au bout de cette longue souffrance, il y aura la rencontre avec une jeune interne des hôpitaux de Paris qui, amoureuse et attentionnée, va trouver le remède, inattendu, à ce mal.

Seulement voilà: ça ne fonctionne pas…L’histoire n’a guère d’intérêt, les analyses des personnages semblent superficielles, et l’émotion est absente. Ce n’est pas, et de loin, le meilleur Foenkinos.


 

Lire la suite

Élever ses enfants...

27 Février 2022 , Rédigé par EG Publié dans #thème libre

Élever ses enfants : tout le monde a entendu au moins une fois "cet enfant est bien élevé ". Non mais je rêve ! L'élevage, comme l'élevage de poulets ou de vaches! Vous êtes-vous déjà posé la question de savoir si derrière un enfant bien élevé il n'y avait pas maltraitance ? On élève des animaux pour les conduire à l'abattoir ! Non les parents n'ont pas la charge d'élever leurs enfants, ils ont la responsabilité d'abord de les aimer et ensuite de les éduquer. On peut ne pas les élever et quand même fixer des règles. Mais chaque règle, chaque limite doit s'accompagner de bienveillance, d'explications et de pédagogie.

Lire la suite

Compagnie c kankipleu

26 Février 2022 , Rédigé par MG Publié dans #spectacles

Que faire le dimanche après- midi lorsqu’on a du temps à consacrer au Plaisir culturel: et bien , aller, comme moi, à la MDA de Tarbes, y voir « Edouard et Agrippine » de René de Obaldia, joué par l’atelier de la Porte Bleue – les c kankipleu.

D’abord, on se retrouve en pleine programmation des Ateliers du Petit Théâtre Maurice Sarrazin, au Quai de l’Adour , proposés par Serge Monteilhet et la ville de Tarbes ;

ces ateliers permettent aux amateurs issus des cours et ateliers des compagnies locales de monter sur scène et de jouer devant un public.

J’ai aimé cette joyeuse troupe de « saltimbanques », faisant fi des convenances , pour retrouver le jardin perdu de son enfance.

J’ai ri de leur gaucherie parfois, mais aussi de leurs morceaux de bravoure. Il convient de les encourager et de les féliciter, pour le divertissement qu’ils apportent au public et la générosité dont ils sont épris.Ils ont travaillé comme des acharnés pour fournir cette représentation à laquelle ils tiennent plus que tout ; il y a des jeunes, des vieux , des personnes handicapées...

Il y a eu , si mon compte est bon, 3 pièces jouées par ces mêmes comédiens. « L’art d’être là au bon moment »

et « Si vous etes des hommes »

de Serge Valletti ,

sont venues s’ajouter à la première citée ; tout ceci mis en scène par Corine Marsollier, celle qui est aussi aux cotés des Exquis mots d’Adé.

Non le théâtre n’est pas mort et c’est tant mieux ; bravo encore à tous ces amateurs !


 

Lire la suite

"Les derniers jours de moi-même" au Pari

25 Février 2022 , Rédigé par MG Publié dans #Sorties weekend

"Les derniers jours de moi-même" par la cie SAGUARO

dimanche 27 février à 16h- Le Pari, 21 rue Georges Clémenceau

Lire la suite

"Ovide en exil » de Jean-Noël Jeanneney

24 Février 2022 , Rédigé par JG Publié dans #Théâtre, #LIVRES

Lu « Ovide en exil » de Jean-Noël Jeanneney, aux éditions Portaparole. Jean-Noël, historien de référence, grand serviteur de l’Etat comme politique ou comme haut-fonctionnaire, est un homme de grande culture à l’éclectisme admirable, qui revient à une de ses vieilles passions, le théâtre. Le théâtre comme mode d’expression de l’histoire, c’est à dire la fiction largement teintée, imprégnée même de l’histoire elle-même. « Ovide en exil », est donc une petite pièce de théâtre relatant l’échange imaginé en trois actes entre Ovide, l’immense poète romain, exilé aux bords de la mer Noire sur décision autoritaire d’Auguste, Aminda fille de ces contrées colonisées doublement passionnée par la cause de son peuple et son amour pour Ovide, et Regulus, envoyé par Rome pour proposer au poète un marché peu honorable : trahir la confiance de ce peuple qui l’accueille si généreusement pour dénoncer auprès de l’occupant tout risque de révolte et ainsi entrouvrir la porte du retour à Rome. Ovide, homme d’ honneur, refuse ce marché mais….perd Aminda ! Il lui explique qu’il ne peut plus l’aimer puisque, de ce jour, elle symbolise le poids du sacrifice douloureux qu’il a fait pour son peuple : « Tu es belle, tu es grande, tu es forte et tu m’as perdu ».

Joli petit exercice littéraire d’un érudit qui aime à partager son amour du théâtre.


 

Lire la suite

« BAC nord » de Cedric Jimenez

23 Février 2022 , Rédigé par JG Publié dans #Ciné

« BAC nord » de Cedric Jimenez avec Gilles Lellouche, François Civil, Karim Leklou et Adèle Exarchopoulos. Ce film est « tiré » ( avec toute la prudence nécessaire) d’une histoire vraie survenue il y a quelques années dans les quartiers Nord de Marseille, la zone la plus criminogène de France, qui avait défrayé la chronique et vu « plonger » plusieurs policiers. Le scénario est assez simple: ces quartiers sont le terrain d’action, au quotidien, d’une équipe de trois hommes de la brigade anti-criminalité (BAC). Trois flics de base confrontés à une mission quasi-impossible quand la hiérarchie exige « du chiffre » ( entendez des statistiques de crimes et délits) à tout prix, mais « sans casser la baraque », y compris en ne s’affrontant pas aux caïds qui tiennent ces quartiers et qui sont armés jusqu’au cou. Et qui se sentent tellement intouchables qu’ils sont arrogants et provocateurs à l’égard de ces policiers, contraints « d’avaler leur salive et baisser la tête. La police de terrain et ses dilemmes…et quand cette hiérarchie pétocharde est confrontée à un événement dramatique qui exige une riposte, quand elle se décide enfin à donner un coup de pied dans la fourmillère faute de renseignements issus d’une police de proximité digne de ce nom, elle doit utiliser des méthodes moins académiques et « payer en nature » des informateurs… l’opération -violente, haletante et magnifiquement filmée - a lieu et est une belle réussite: réseau démantelé, prise-record de drogue et d’argent de la drogue. Mais l’IGPN, la police des polices, informée des méthodes employées, enquête….et nos trois flics, héros du jour, deviennent des parias.

Ce film a fait l’objet d’une controverse selon laquelle le parti-pris caricatural aurait emprunté tous les poncifs pro-policiers et fait le jeu du Front National. Je ne suis pas d’accord du tout avec cette posture: ce film est magnifique, bluffant, bouleversant. Il est magnifiquement joué par la triplette de flics avec une mention particulière à Gilles Lellouche. Et ce n’est pas faire le jeu du Front National que de décrire concrètement et spectaculairement ce qu’est la vie des flics de terrain dans ces quartiers . C’est l’état de ces quartiers, abandonnés par la République depuis des décennies qui fait le lit du Front National. Ne confondons pas les causes et les conséquences. Un très grand film.


 

Lire la suite
Lire la suite

« Le voyage dans l’Est » de Christine Angot

21 Février 2022 , Rédigé par JG Publié dans #LIVRES

« Le voyage dans l’Est » de Christine Angot paru chez Flammarion. Un roman autobiographique: l’auteur, adolescente vit seule avec sa mère, de père non pas inconnu mais qui, marié, ne l’a pas reconnue. Ce père refait surface et renoue une relation suivie avec sa fille, profitant de voyages d’affaires dans l’est de la France où elle réside pour lui rendre visite… et pour la violer régulièrement. Douloureux récit de l’inceste qui dure des années, dans le silence d’une victime qui n’ose pas en parler à l’extérieur, et le déni d’un père qui lui explique que « ça se fait » entre un père et sa fille. Jusqu’à la mort du père aux obsèques duquel elle décide de ne pas se rendre quand elle apprend par son demi-frère que leur père la traitait d’affabulatrice…un roman de qualité qui se lit facilement.

Lire la suite