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livres

« Les yeux de Mona » de Thomas Schlesser

13 Mai 2024 , Rédigé par JG Publié dans #LIVRES

Lu « Les yeux de Mona » de Thomas Schlesser paru chez Albin Michel.

Mona est une enfant de 10 ans environ, fille de parents de la classe moyenne habitant Montreuil. Mona, vit un épisode médical délicat en perdant la vue pendant quelques heures. Les examens médicaux ne relevant rien de particulier l’ophtalmo prescrit un suivi très régulier et…un suivi psychologique hebdomadaire pendant un an. Le grand-père maternel de Mona va décharger les parents de cette tâche et s’engage à la prendre en charge tous les mercredis après-midis à cette fin. Mais, dans le plus grand secret des parents, au lieu de l’emmener chez un psychologue…il va l’emmener dans des musées, Le Louvre, le Musée d’Orsay et Beaubourg pour lui faire découvrir 52 œuvres d’art comme si, en cas de récidive définitive, il voulait imprimer dans la mémoire de sa petite-fille ces traces de couleur, d’esthétique, de beauté artistique. Une œuvre par semaine ponctuée par des explications érudites du grand-père et des échanges tendres et profonds entre eux. De Botticelli à Basquiat ou Soulages en passant par Vermeer, Goya, Manet ou Cezanne, Mona découvre la force et le pouvoir de l’art et fait l’apprentissage de sentiments divers, de l’admiration à l’incompréhension, de la colère à l’interrogation, guidée par un grand-père plein de tendresse avec lequel elle noue une relation très exceptionnelle à rendre jaloux tous les grands-pères du monde et à qui ce livre est dédié.

C’est un très beau livre, d’une grande originalité, émouvant et même bouleversant quant aux relations humaines qu’il met en scène, et passionnant par une sorte de cours d’initiation à l’histoire de l’art qu’il propose ( l’auteur, il faut le préciser, est un professeur d’histoire de l’art ! Mais il a aussi une jolie plume…). Le livre est vendu, à cette fin, par une couverture dépliante représentant les 52 œuvres, qui est bien utile…

 

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« Comment ça va pas? » de Delphine Horvilleur

6 Mai 2024 , Rédigé par JG Publié dans #LIVRES

Lu « Comment ça va pas? » de Delphine Horvilleur paru chez Grasset.

 

Où l’on retrouve notre rabbine intelligente, sensible, tolérante et de plus en plus médiatique, qui nous livre un petit essai sous-titré « Conversations après le 7 octobre » dans lequel elle nous dit sa sidération, son sentiment d’impuissance et d’aphasie après la journée de barbarie du 7 octobre dernier, il y a déjà cinq mois.

Cette femme dont la mission consiste à porter la souffrance des autres sur ses épaules et à la soulager par ses mots voyait alors son monde s’effondrer et, dans l’émotion douloureuse du moment elle écrit cet essai comme on écrit un traité de survie.

Elle le fait à sa manière pleine d’humanité, notamment en convoquant ses grands-parents, juifs tous les deux mais vivant leur judéité de façon si différente, presque opposee, et les faisant dialoguer non sans humour. Mais, je dois reconnaître que tout cela est très religieux et si je l’ai lu avec une grande attention, cette manière de dire les choses me concernait certes, comme tous les malheurs du monde et celui-là en particulier mais ne me parlait pas, ne résonnait pas en moi.

 

Heureusement, sur la fin, l’auteure ouvre le cercle et, quand elle évoque la nécessité de la paix négociée et respectueuse entre les deux peuples, elle m’est apparue de nouveau convaincante.

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"Pour mourir, le monde"

29 Avril 2024 , Rédigé par JG Publié dans #LIVRES

Lu « Pour mourir, le monde » de Yann Lespoux aux Éditions Agullo.

L’auteur est historien et enseigne la civilisation occitane à l’Université de Montpellier.

Ce livre est son premier roman qui nous emmène au 17ème siècle de Lisbonne, aux comptoirs des Indes, en passant par les plages du Médoc, en empruntant les grands voiliers de l’époque qui affrontent des tempêtes corsées, quand ils ne tombent pas sur des pirates de haute mer, ou bien des navires hollandais bien agressifs.

Les héros des trois points géographiques, finiront par se retrouver sur une plage du Médoc, à l’issue du naufrage d’un navire amiral de la flotte portugaise, rentrant des Indes chargé de diamants, et ayant raté Lisbonne, puis quitté La Corogne imprudemment, pour rejoindre le port portugais.

Mais, à la sortie du port espagnol, un tempête grandiose le jeta dans le Golfe de Gascogne où, on le sait, il ne fait pas bon affronter les vents forts de suroît.

Naufrage sur une plage du Médoc donc. Et là, des naufrageurs…..c’est un joli livre qui nous plonge dans une époque où les grandes navigations transocéaniques étaient des aventures humaines exceptionnelles et le commerce maritime soumis à des aléas considérables.


 

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Vivre sans

22 Avril 2024 , Rédigé par JG Publié dans #LIVRES

Lu « Vivre sans.

Une philosophie du manque » de Mazarine Pingeot, paru aux éditions Climats.

L’auteure, fille de François Mitterrand et Anne Pingeot, est romancière et philosophe et enseigne à Sciences Po-Bordeaux. Elle nous propose ici un essai philosophique de haut niveau où l’on passe d’Aristote et Socrate à Marx ou Hannah Arendt, Sartre, Foucault ou Deleuze en passant par Kant et Spinoza autour de cette notion du « manque » comme moteur des relations humaines, source du désir, de la quête, de l’espoir, de la transcendance.

Un essai de haut niveau, parfois difficile à lire au sens où il faut se concentrer sur certaines phrases, les relire plusieurs fois stylo à la main. Mais un essai qui s’illustre d’une façon à la fois concrète et moderne quand est disséqué le marketing du « sans » ( sans sucre ajouté, sans gluten, sans huile de palme etc…) où, par un tour de passe-passe, le manque devient une valeur. Alors s’écrit une nouvelle histoire de la pensée, du plein et du manque, du désir et du néant. Derrière la difficulté on découvre alors une pensée sacrément édifiante .

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LIGURIES - ITALO CALVINO

15 Avril 2024 , Rédigé par JG Publié dans #LIVRES

Lu « Liguries », un essai d’Italo Calvino, édition bilingue traduit de l’italien et présenté par Martin Rueff, paru aux Éditions Nous-via.

On dit de Calvino qu’il fut un des plus grands écrivains italiens du vingtième siècle ( il est mort en 1985).

Il a laissé une œuvre très fournie en romans, récits, essais nourris de son vécu très engagé dans la résistance et au Parti communiste italien.

« Liguries » rassemble des textes inédits de l’auteur, cinq proses écrites entre 1945 et 1975 et six poèmes, tous écrits pendant la résistance.

Il pourrait s’intituler « Regard sur la Ligurie » (Regards avec un « s » comme le livre a mis la Ligurie au pluriel), cette région italienne autour de San Remo, juste après Vintimille et la frontière française, car c’est un texte qui ne raconte rien, il décrit.

Il décrit avec précision cette région coincée entre la mer Méditerranée ( elle s’appelle mer Ligurienne dans cette région, à l’Est du golfe du Lion) et les Alpes du Sud, une région qui fut longtemps pauvre, très pauvre, avant que d’être envahie par le tourisme.

Ce livre est un très original traité littéraire appliqué sur la description par la diversité des regards jetés, la curiosité des explications de choses liées à l’histoire ou la géographie, la précision des termes employés. Il donne envie de travailler ce genre littéraire si particulier, la description d’un paysage ou d’une scène, et d’aller en Ligurie vérifier tout ça….

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« Penser contre soi-même » de Nathan Denvers, paru chez Albin Michel

8 Avril 2024 , Rédigé par JG Publié dans #LIVRES

Lu « Penser contre soi-même » de Nathan Denvers, paru chez Albin Michel.

Nathan Denvers est un jeune philosophe ( il doit avoir 27 ans à peine), normalien, agrégé et prof à l’Université de Bordeaux.

Il a déjà écrit plusieurs ouvrages dont un roman, « Les liens artificiels », qui avait connu un certain succès. Tout cela montre que l’homme est assez précoce. Il est le fils d’un neurologue de grande réputation, Lionel Nakkache, chercheur à l’Institut du cerveau dont je suis administrateur, un homme pour qui j’ai grande estime et admiration. Bon sang ne saurait mentir…

le récit autobiographique que nous livre l’auteur est assez singulier :

né d’une famille juive croyante, mais pratiquante sans excès, sans assiduité obsessionnelle en tout cas, à l’adolescence il se prend de passion pour sa religion et, assez vite, se destine au rabbinat. Il décrit alors avec moult détails ce « chemin de foi » assidu, sérieux, profond, entier pour ne pas dire dévorant, qu’il vit dans le « village d’Auteuil » dans les beaux quartiers parisiens, et qui le mène régulièrement en Israël et à Jérusalem en particulier.

Puis, peu à peu, la foi se dégrade :

cela commence par la fréquentation d’un lycée confessionnel où ses camarades lui apparaissent vite comme sectaires, sexistes, vulgaires, réactionnaires. Cela se poursuit avec la participation à un séminaire religieux dans les Alpes où il s’aperçoit qu’il a « la tête ailleurs », par la découverte progressive de la philosophie dont il se rend compte qu’elle n’est pas compatible avec la religion…. Et, plus il s’interroge sur les grandes questions philosophiques, plus il ressent la religion comme un carcan dont il est prisonnier. Il devient athée.

Et, dans la dernière partie de son récit, il esquisse une certaine conception de la philosophie, penser contre soi-même, où il explique que penser par soi- même, passe non seulement par l’affranchissement de ce que l’on reçoit comme éducation, ce dont on « hérite « intellectuellement, culturellement, mais aussi que la meilleure approche de soi-même est de s’en éloigner et de se positionner « contre » soi-même pour mieux dialoguer.

Devenir un autre pour mieux émerger en soi.

Et cela débouche, naturellement et paradoxalement, sur une éthique de l’altérité que l’on devine très universaliste au sens le meilleur du terme, où les apports extérieurs d’où qu’ils viennent sont enrichissants.

Ce livre est passionnant, même si son long récit du chemin de foi est un peu rébarbatif et si la fin, c’est-à- dire l’affirmation du titre du livre mériterait quelque développement et approfondissement. Mais ce sera peut-être l’objet du prochain livre de Nathan Denvers ?


 

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« Les mots pour le dire » de Marie Cardinal

1 Avril 2024 , Rédigé par MG Publié dans #LIVRES

« Les mots pour le dire » de Marie Cardinal

La cure de psychanalyse de l’héroïne du livre est allongée au centre de l’histoire , c’est le choix de l’auteur . La crise intime et douloureuse y est déroulée , avec les maux, les mots vrais, les mots crus , les mots (tout court)...

L’« Algérie française » est l’origine géographique ... et historique de la femme en souffrance , et ce n’est pas anodin car son adolescence se passe dans un pays en Guerre...

Elle a une mère (mais absolument pas aimante) , divorcée, alcoolique depuis qu’elle a perdu sa fille aînée.

Le cabinet du praticien est la pièce de la maison, centrale du livre , je pense tout de suite à une adaptation au théâtre, forcément, pour un huis clos médico-psychologique.

Le psychanalyste, à qui elle va décider un jour de se confier , une fois qu’elle est au fond du trou, fait office de miroir. ( Suis-je belle, miroir?...) Voilà les rôles campés !

La sœur morte est présente paradoxalement, le deuil n’est pas facile à faire, et le fantôme rode.

Jean- Pierre , le mari actuel sera t-il toujours là, après la cure ?

A noter la récompense du Prix Littré en 1976 pour l’ouvrage présent « Les mots pour le dire ».

J’avais lu avec gourmandise ce livre durant mon adolescence , ce qui m’a incité récemment à m’y repencher dessus, afin d’en découvrir les ressorts, d’un œil neuf.


 

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« La symphonie des monstres », de Marc Levy

25 Mars 2024 , Rédigé par MG Publié dans #LIVRES

Lu « La symphonie des monstres », de Marc Levy. Editions Robert Laffont

Les monstres, ici ,

ce sont les russes, sous Poutine, qui kidnappent des enfants ukrainiens,

durant le conflit actuel, en les faisant passer pernicieusement pour des orphelins

qui seront éduqués en territoire russe.

La symphonie,

c’est celle qui est jouée, lors de la remise officielle de l’enfant ukrainien à son adoptant russe ,

à l’occasion d’une cérémonie majestueuse, à Moscou.

Anatoly ,

le « gardien » sympathique de Valentyn ,

restera un personnage secondaire , qu’on n’oubliera pas de sitôt ,

surtout à la fin de l’ouvrage.

Marc Levy nous livre à nouveau un livre choc ,

avec le style alerte et léger qui le caractérise.

Les hackers internationaux ( « les 9 ») sont à l’attaque ,

légendes inventées par l’auteur.

Ils sont érigés comme des super- héros .

L’une est sur place , à Moscou, les autres pilotent les opérations depuis leur écran

et l’ensemble va permettre de récupérer ( ou pas) un enfant volé : Valentyn.

Sa mère Véronika est dans tous ses états ,

sa sœur Lilya va essayer d’aller le récupérer toute seule

( elle adopte un chien sauvage lors de sa fugue) ,

empruntant les chemins les plus minés et dangereux.

Sang froid et courage obligatoires !

Le lecteur est en proie à un suspense hors norme.

380 pages qu’on lit en... une seconde  (presque) !


 

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Rue du Havre

18 Mars 2024 , Rédigé par JG Publié dans #LIVRES

Lu « Rue du Havre » de Paul Guimard, paru dans la collection « Paris perdu » aux éditions de l’ Echapee.

Une réédition du roman paru en 1957, il y a plus de 65 ans, réédition voulue par Blandine de Caunes, la belle-fille de Paul Guimard, fille de Benoîte Groult, qui a vécu toute son enfance, sa jeunesse avec l’auteur, son beau-père qui fut comme un père adoptif.

Blandine signe d’ailleurs une longue préface dans laquelle elle explique sa volonté de faire mieux connaître l’œuvre de Paul Guimard, trop souvent et injustement oubliée selon elle. Évidemment, comme j’ai bien connu et apprécié Paul, j’aurais tendance à penser comme elle. En tout cas, l’initiative de Blandine m’a permis de découvrir ce roman que je n’avais pas lu !

Ce petit roman raconte la vie de Julien, homme déjà assez âgé et sans histoires, vendeur de billets de tombola à la sauvette à la sortie de la gare Saint -Lazare. Julien voit passer tous les matins les mêmes personnages descendant de leur train pour se rendre à leur travail. Ils portent les noms de leurs trains: la dame du 8h52, le couple du 9h07…

Julien imagine leurs vies, leurs problèmes. Et il fabrique des histoires. Il accouplerait bien tel homme avec telle femme mais leurs trains ont un quart d’heure d’écart ! Alors il échafaude un plan mais il faut bien plus qu’un plan, il faut que le hasard s’en mêle. Le hasard, au centre de ce livre : Hasard heureux pour les uns, malheureux pour d’autre.

Comme tous les romans de Paul Guimard, on baigne dans les choses de la vie, si simples, si humaines et si facile à lire.


 

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« Une brève histoire de l’économie », de Daniel Cohen

11 Mars 2024 , Rédigé par JG Publié dans #LIVRES

Lu « Une brève histoire de l’économie », de Daniel Cohen, chez Albin Michel.

Un ouvrage posthume de l’économiste éclectique et talentueux, mort l’été dernier, préfacé par Esther Duflo, prix Nobel d’économie qui fut son élève.

De la charrue au tout-numérique en passant par les révolutions industrielles et des services, l’auteur nous invite a survoler les grandes étapes de l’histoire de l’économie et, donc, de nos sociétés. Pour aboutir à un joli développement sur le bonheur intérieur brut qui pourrait être la mesure d’une révolution qu’il appelle de ses vœux : la victoire de la qualité sur la quantité. Un survol facile à lire et très pédagogique, tellement qu’il sera publié bientôt sous forme de bande dessinée qui était le véritable projet de Daniel Cohen.

Une nouvelle occasion de rendre un hommage appuyé à cet humaniste fait économiste.

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