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livres

Le mage du kremlin

5 Décembre 2022 , Rédigé par JG Publié dans #LIVRES

Lu « Le mage du Kremlin » de Giuliano di Empoli paru chez Gallimard, grand prix de l’Académie Française, le livre arrivé premier ex æquo au Goncourt, mais battu au 14ème tour de scrutin par la voix double du président du jury.

L’auteur est un universitaire italien, proche de Mateo Renzi dont il fut un adjoint à la mairie de Florence et son conseiller à la présidence du Conseil, auteur, chercheur, dirigeant d’un think-tank, très francophile puisqu’il enseigne aussi à Sciences Po Paris.

Son livre est un magnifique exercice de fiction - c’est un roman !- remarquablement assis sur une étude très approfondie sur le parcours de Poutine, sa personnalité, ses méthodes, ses décisions mais aussi des sondages et études d’opinion sur la société russe. Le parti pris littéraire est assez simple puisqu’un chercheur européen ( l’auteur ? Peu importe…) recueille les confidences d’un ancien conseiller de Poutine, Baranov, qui fut avant l’accession au pouvoir de celui-ci, un homme de télévision, producteur de spectacle, avant de devenir son conseiller en communication puis son conseiller politique et confident, avant de prendre ses distances…et de se confier à l’auteur, sans amertume mais avec une grande lucidité. Baranov est le seul personnage fictif encore qu’il soit inspiré d’un autre conseiller de Poutine. Tous les autres noms sont vrais. Baranov, donc, se livre et c’est passionnant, surtout, évidemment, en cette période où Poutine est au cœur de l’actualité mondiale et des inquiétudes généralisées face à sa guerre ukrainienne. Ce qui est remarquable dans ce livre, c’est qu’il met en valeur des traits du peuple russe que Poutine exploite, parfois cyniquement, pour asseoir son pouvoir: la détestation de la faiblesse et son corollaire le besoin d’autorité, la soif de grandeur et sa conséquence impérialiste, en Géorgie, en Crimée, en Ukraine, la construction - parfois artificielle- d’une identité nationale « contre » l’Occident.

Alors, bien sûr, on aimerait en savoir plus sur la frontière entre la fiction et la réalité dans cette accumulation d’informations d’une grande richesse mais, au fond, on est vite emporté par la conviction que la réalité n’est pas seulement loin de la fiction, elle la dépasse….

Ce livre est remarquable et passionnant, il aide à comprendre le monde tel qu’il est.

 

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Liv Maria

28 Novembre 2022 , Rédigé par JG Publié dans #LIVRES

Lu « Liv Maria » de Julia Kerninon paru chez Gallimard dans la collection Folio, un livre qui a obtenu le prix des libraires Folio-Télérama. Julia Kerninon est une jeune (elle a trente-cinq ans à peine) auteure nantaise où elle est née et où elle habite, qui est docteure en littérature américaine et qui a déjà publié six livres dont l’un, le premier,

« Buvard », avait obtenu le prix Françoise Sagan en 2014.

Elle nous livre avec ce roman, l’histoire de la vie d’une femme, Liv Maria donc, née sur une ile bretonne ( on ne saura pas laquelle et c’est sans doute bien dommage pour les amoureux de cette belle région) d’une mère qui tenait le bistrot du village et d’un père norvégien, marin échoué là par amour qui a la passion des livres et de la littérature, une passion qu’il transmet à sa fille. A dix-sept ans, Liv Maria est victime d’une agression sexuelle sur son ile et tout le monde sait qui en est l’auteur. Mais la culture ancienne qui a encore du mal à disparaître, faite de culpabilité féminine injustifiée, de crainte du scandale et du culte du secret, fait que la solution adoptée par ses parents sera l’exil pour elle. Un exil à Berlin comme jeune fille aux pairs où elle va connaître un amour passionnel avec son professeur d’anglais, le temps de quelques mois avant qu’il ne rentre chez lui en Irlande sans laisser d’autre adresse qu’un poste restante. Il ne lui fera plus jamais signe mais cette liaison va marquer très durablement sa vie.

A partir de là, elle va vivre une vie de liberté et de ruptures connaissant mille vies et beaucoup d’amants à travers le monde, et croyant in fine trouver sa vérité en Irlande avec un mari amoureux, deux enfants attachants, en tenant la librairie du village. Mais échappera-t-elle au surgissement du passé et aux conséquences de ses actes ? Y échappe-t-on jamais ?

Joli portrait de femme.


 

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"Vivre vite" Prix Goncourt 2022

21 Novembre 2022 , Rédigé par JG Publié dans #LIVRES

Lu « Vivre vite » de Brigitte Giraud, paru chez Flammarion, le prix Goncourt 2022. Brigitte Giraud est une autrice expérimentée qui a déjà publié une dizaine de livres dont un, « L’amour est très surestimé », avait reçu le Goncourt de la nouvelle en 2007. Ce roman est le récit du drame de la vie de l’auteure : elle a perdu son compagnon en 1999, des suites d’un accident de moto à Lyon où ils habitaient. Elle avait 36 ans et un jeune enfant d’âge scolaire…et il lui aura fallu plus de 20 ans pour acquérir ( conquérir ?) la distance nécessaire pour écrire sur cet évènement douloureux.

Le parti- pris littéraire est assez original puisqu’elle énumère une vingtaine de « si » comme autant d’éventualités non avérées qui aurait empêché l’accident : si son frère ne lui avait pas déposé en gardiennage cette moto dangereuse, si il n’avait pas plu, s’il était passé au feu orange, si elle l’avait appelé depuis Paris pour lui dire qu’il n’était pas nécessaire d’aller chercher leur fils à l’école, si, si, si…

La seule critique que l’on puisse faire à ce livre est relative à cette liste de « si »: certains sont tirés par les cheveux, mais c’est sans doute parce qu’ils sont si personnels qu’ils peuvent apparaître abscons, d’autres plus évidents paraissent manquer mais c’est peut-être parce qu’ils sont trop sociétaux…

Pour le reste c’est un livre triste, un livre de deuil, très bien écrit, extrêmement facile à lire, et d’une belle sensibilité souvent émouvante. Peut-être pas un chef d’œuvre mais un bon Goncourt.

 

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Que lire aujourd'hui ?

20 Novembre 2022 , Rédigé par JG Publié dans #LIVRES

Lu « L’horizon à l’envers » de Marc Levy paru aux éditions Pocket. Un presque vieux Marc Levy puisqu’il a déjà 5 ans. Ça commence comme le film « Love story » des années 60 et ça se termine en ouvrage de sciences fiction autour des neurosciences. Boston dans les années 2000, deux étudiants tombent amoureux et tirent la chandelle par les deux bouts. Mais elle est atteinte d’un glioblastome, tumeur cancéreuse au cerveau et est condamnée. La différence avec « Love story » c’est qu’il y a un troisième compère, le meilleur ami de lui et qu’ils sont tous les trois étudiants et chercheurs en neurosciences. Et le troisième larron va avoir l’idée folle de « prendre l’empreinte » de la conscience de la jeune femme avant qu’elle ne soit conservée par cryogénie, de sorte que lorsque la science saura guérir ces tumeurs, quelques décennies plus tard, elle puisse revivre et se réincarner…c’est du pur Marc Lévy, facile à lire et plutôt intéressant même si la voie choisie pour la science-fiction apparaît un peu tirée par les cheveux. On aimerait tant que ce soit si simple la science ! Et les neurosciences en particulier….

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"Je te protégerai" de Peter May

14 Novembre 2022 , Rédigé par JG Publié dans #LIVRES

Dans la littérature étrangère, je suis parti en Écosse pour lire Peter May et son roman « Je te protégerai », traduit remarquablement de l’anglais ( et parfois du Gaëllic ! )par Ariane Bataille et paru chez Babel Noir. Rien que le décor vaut le détour: l’Écosse, bien sûr, mais plus particulièrement l’archipel des Hébrides, ses îles d’Harris et Lewis, le port de Stornoway où je me mis à l’abri avec soulagement par une jolie petite tempête au mois de juin, le fameux canal du Minch qui sépare cet archipel de l’Écosse, où quelques hauts-fonds font frémir les navigateurs quand la mer, mauvaise, y déferle. Et dans ce décor, la météo, dans laquelle le grand ciel bleu et le soleil ont une place très, très relative. Pluie et brouillard vents fort et mer déchaînée, ce décor imprègne le livre du début à la fin, d’autant que le couple de jeunes entrepreneurs du textile qui ont créé leur entreprise de tweed avec un grand succès, ont choisi de bâtir leur maison loin de tout, au bout d’un chemin à peine carrossable et au bord d’une falaise. Vue imprenable à 180 degrés sur le Minch .

L’intrigue, car il y en a une, fort bien construite d’ailleurs, commence …à Paris, place de la République où Niamh et Ruairidh sont venus présenter une collection et où il meurt sous les yeux de sa femme dans l’explosion d’une voiture où il avait pris place avec une inconnue. Pour suivre et comprendre l’enquête, on va replonger dans le passé des deux êtres, leur enfance dans le même village, leur adolescence, les bagarres, les rivalités masculines et féminines, les querelles familiales,

J’ai beaucoup aimé ce livre, cette ambiance, cette culture .


 

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"Vivre vite" , prix Goncourt 2022

7 Novembre 2022 , Rédigé par DP Publié dans #LIVRES

Ça y est, le prix Goncourt à été décerné à une femme : Brigitte GIRAUD pour son roman largement autobiographique : " VIVRE VITE ". ...superbe titre qui dit bien que pour vivre, nous n’avons pas de temps à perdre, que tout peut se briser en un instant.

Donc, comme elle l'écrit dans cet ouvrage (paru fin août chez Flammarion), un "drame", une "catastrophe", le 22 juin 1999 à Lyon, a coupé brusquement sa vie en deux. Ce jour-là son mari, Claude, démarre trop vite à un feu, avec une moto trop puissante qui n'est pas la sienne, tombe, et ne s'en relèvera pas.

En 2001, elle avait raconté les semaines suivant cette mort dans "À présent", ce " livre de la sidération, de la déflagration, du fracas juste après".

Car elle avait 36 ans, un fils très jeune, une maison qu'ils venaient d'acheter, dans laquelle elle a dû

emménager sans son mari. Pour y commencer son deuil.

"J'ai vécu, j'ai publié des livres. J'ai repris pied, malgré tout, même si, dans ces cas-là, on devient quelqu'un d'autre", explique-t-elle aujourd'hui.

C’est de cela qu’elle nous parle encore, nous touchant au plus profond du cœur.

...et je me souviens avoir beaucoup aimé son recueil de nouvelles paru en 2007 et qui m’avait valu une réponse cinglante de sa part alors que j’avais écrit sur sa page comment j’interprétais une de ses nouvelles , qui m’avait bouleversée . " Vous n’avez rien compris ! " m’avait-elle répondu ,ignorant le" pluriel de sens", à savoir que le lecteur a le droit d’interpréter un bouquin grâce à son propre vécu. Je lui en ai un peu voulu. Elle avait obtenu cette année là le Goncourt de la Nouvelle.


 

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« LE MAGASIN DES SUICIDES » JEAN TEULE

31 Octobre 2022 , Rédigé par MG Publié dans #LIVRES

« LE MAGASIN DES SUICIDES »

JEAN TEULE

 

Une imagination débordante en matière de mise

à mort,

mais toujours avec de l’humour !

 

On sent l’esprit d’enfant de Jean Teulé dans cette fable originale ,

on ne peut s’empêcher de penser à un potache mal dégrossi …

Je recommande « le magasin des suicides » pour son inventivité .

Ce livre a été traduit en 19 langues

et adapté en film d’animation par Patrice Leconte, en 2012.

On pense un peu à la famille Addams, pour le coté sombre et inventif de la famille créée par l’auteur.

Plein de trouvailles , plein de surprises ; cet univers affranchi de bornes et limites, fait du bien .

 

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l'affaire Alaska Sanders

24 Octobre 2022 , Rédigé par JG Publié dans #LIVRES

Lu « L’affaire Alaska Sanders » de Joël Dicker paru chez Rosie & Wolfe. Je poursuis mes lectures estivales parmi les auteurs à grand tirage avec le dernier Joël Dicker et je ne suis surpris en rien : encore un livre qui se « dévore » truffé de rebondissements incessants. Alaska Sanders est un jeune femme magnifique de 22 ans retrouvée morte sur une plage du New Hampshire ce qui provoque évidemment une enquête.

Deux surprises néanmoins: ce coup-ci, l’auteur se met en scène en tant qu’auteur à succès qui se joint aux enquêteurs pour les aider dans leurs recherches; genre littéraire particulier et enquête particulière aussi tant on imagine mal des enquêteurs, dans quelque pays que ce soit, incorporer un écrivain au sein de leur équipe ….Mais bon.

Deuxième surprise, moins originale celle-là: l’impression du déjà vu. J’entends par là que « L’affaire Alaska Sanders » ressemble à s’y méprendre à « La vérité sur l’affaire Harry Quebert », du même auteur paru en 2008, son premier grand succès. Même ambiance, mêmes paysages, ceux de la côte Nord-Est des USA, mêmes régions, même type d’assassinat, même type d’enquête à rebondissements permanents, mêmes policiers, même conteur, le romancier Marcus Goldman….

Bref, c’est haletant, facile à lire, dévora le à souhait …mais avec un certain goût de déjà vu. La même recette.


 

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" MINUIT DANS LA VILLE DES SONGES "

17 Octobre 2022 , Rédigé par DP Publié dans #LIVRES

Je vais sans doute vous raser avec une longue liste de bouquins...vous en comprendrez la raison plus tard .

Le Hussard sur le Toit, l’Étranger, les Misérables, les Mots, le Comte de Monte Cristo, Colline, la Cousine Bette, le Vieil Homme et la Mer, Sans Famille, J’irai Cracher sur vos Tombes, Discours de la Révolution, Émile ou de l’Éducation, Propos sur le Bonheur, l’Écume des Jours, Crime et Châtiment, Le Petit Prince, Cent Ans de Solitude, les Âmes Fortes, le Petit Livre Rouge, Voyage au Bout de la Nuit, Des Souris et des Hommes, la Cause du Peuple, le Facteur Sonne Toujours Deux Fois, Le Procès, En Attendant Godot, Madonne Meurt, Le Grand Meaulne, Dom Quichotte...et j’en oublie certainement, comme par exemple Justine du Marquis de Sade !

??? surprenant n’est-ce pas ? ...et si je vous dis que j’ai trouvé tous ces titres dans UN SEUL ROMAN, " MINUIT DANS LA VILLE DES SONGES " , celui de René FRÉGNI que m’a offert Mimi K. cet été...et que c’est une ode au plaisir de la lecture, un chant d’amour à tous ces livres qui ont changé et forgé sa vie , ces livres qui parfois nous guident, nous transforment, nous tracent une route plus claire, plus évidente ...là vous aurez compris.

J’ai bu ce livre , oui " bu " avec avidité d’autant plus qu’il m’a été offert par...une de mes anciennes élèves. En plus, tous ces livres, je les ai lus, oui , tous.

Et c’est grâce à eux , puis pour eux que je suis devenue prof de Lettres. Et à l’heure de ma retraite, ils me tiennent toujours compagnie.

Merci Mimi, je ne t’avais pas encore remerciée, toi qui es devenue ...bibliothécaire.

 

Les livres ? ...écoutons René FRÉGNI :

" Je suis devenu... en lisant Meursault, Raskolnikof, le Grans Meaulnes. J’aime les vagabonds, les errants, tous les picaros, Don Quichotte, Bardamu...Je marche la nuit avec Jean Genêt, sur toutes les routes poussiéreuses d’Europe .

Chacun de nous est assis dans sa chambre, un livre à la main, et NOUS VOYAGEONS DANS UN IMMENSE TRAIN QUI N’EXISTE PAS ."

Elle n’est pas merveilleuse cette dernière définition ?


 

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"Là où chantent les écrevisses" de Delia OWENS

10 Octobre 2022 , Rédigé par JG Publié dans #LIVRES

Poursuivant ma ballade en littérature étrangère, voici « Là où chantent les écrevisses » de Delia Owens paru au Seuil dans la collection « Grands romans-Points », grâce à la traduction de l’américain par Marc Amfreville. Je n’avais encore rien lu de Delia Owen, qui avait déjà publié trois ouvrages consacrés à la nature et aux animaux, tous best-sellers aux États-Unis mais dont ce livre est le premier roman, qui a déjà conquis des millions de lecteurs et connaît un succès grandissant dans le monde entier. Nous sommes à Barckley Cove en Caroline du Nord et une famille vit dans une cabane perdue dans la végétation luxuriante des marais. Le père, ancien combattant du Vietnam, handicapé et pensionné, alcoolique et violent, bat sa femme et ses enfants qui, les uns après les autres, s’enfuient sans laisser d’adresse. Tous sauf Kya, la petite dernière, qui vit un temps seule avec son père pendant son enfance, assumant la marche de la petite cabane perdue sans jamais connaître les processus « normaux » de socialisation et notamment l’école. Son père la quitte et elle se trouve seule, perdue dans la nature obligée de se débrouiller à l’âge de dix ans, fuyant les services sociaux quand ceux-ci montrent le bout du nez. Au village, on l’appelle « la fille des marais », créature sauvage et analphabète et sa réputation y est exécrable. Mais un jeune garçon, un peu plus vieux qu’elle, se prend de passion et lui apprend à lire et à écrire, à découvrir la science, l’aquarelle et la poésie. Mais ce garçon-là, une fois ses études secondaires terminées, doit partir à l’Université et l’abandonner à son tour. De nouveau seule, dans ses maïs, entourée de ses mouettes, ses hérons, ses biches et ses herbes folles. Et quand s’abat sur elle une terrible suspicion, elle ne peut vraiment compter que sur elle-même.

C’est un très beau livre, plein d’humanité, formidable hymne à la nature, animale et végétale, et condamnation intraitable de la rumeur et du mépris de classe. A lire !!


 

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